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La 'Malice' d'un égocentrisme français

Posted on February 3 2013 by Julien Maire in Mali, Serval, France, Europe, US

Je m'étonnerai, non, m'offusquerai toujours de voir comment "certains" Français (dont certains journalistes et/ou experts en "questions défense", du moins prétendus comme tels) ne savent avoir un regard extérieur et global.

Ainsi, pour le Mali, a-t-on lu, et lit-on encore, ici et là, quelques critiques aussi faciles et gratuites qu'infondées et inexactes, sur la non-intervention du reste des nations européennes.

La 'Malice' d'un égocentrisme français

Les raisons de l'interventionnisime Français :

  • La cause terroriste

Il y a certes un risque potentiel, avéré, quant à l'invasion menée par les groupes armés, vis-à-vis de l'expansion du terrorisme, et que cela requérait une intervention rapide.

Mais n'oublions pas de replacer le problème dans son contexte global :

La prise d'une région ou d'une nation par une entité "pro-terroriste" a-t-elle déjà justifiée à elle seule une intervention des forces OTAN ?

Non. Prise de l'Afghanistan par les Talibans, Libye pro-terroristes, Somalie (retrait des US)...

Il s'agit donc bien d'un "prétexte", louable et non opposable (en particulier depuis l'intervention de l'OTAN en Afghanistan).

  • L'instabilité régionale

S'il y a un risque élevé d'instabilité régionale, historiquement, là encore, cela ne se traduit pas par une intervention active mais passive (forces onusiennes), se limitant, au mieux, à une "ligne de démarcation".

De nombreux cas africains le démontrent, y compris récents (Côte d'Ivoire, Soudan...)

Le risque lié à l'instabilité régionale n'est donc pas suffisant.

  • Les intérêts économiques

C'est un facteur renforçant la décision d'une intervention, mais il n'est pas décisif à lui seul dans la mesure où il ne consitue pas une justification au regard des accords de l'ONU.

  • Une région sous hégémonie française

Si nous divisons le tiers-monde en différentes hégémonies, en rapport principalement avec les 5 états membres permanants de l'ONU, le Mali, de part son passé (y compris récent), est rattaché à la France.

  • Un choix stratégique d'interventionnisme

Est-ce de l'ingérence ? Non. Le gouvernement Malien ayant demandé un tel soutien.

En revanche, il s'agit bien là d'un interventionnisme, dont le but est de pouvoir agir vis-à-vis d'une situation plutôt que d'en subir le effets.

En d'autres termes, et cela pourrait d'ailleurs constituer un précédent, la France, qui par ailleurs a une bonne connaissance de la région, a décidé de ne pas permettre l'implantation d'un pôle terroriste "légitimé", ceci afin d'éviter de répéter les erreurs du passé.

  • Une combinaison de facteurs

C'est bien la combinaison de tous ces facteurs qui fait que la France est intervenue, tandis que le sujet n'était pas tranché au niveau onusien.

La 'Malice' d'un égocentrisme français

Les autres nations européennes et les USA :

  • Peu ou pas concernées

De leur côté, les USA ainsi que les autres nations européennes sont globalement et grossièrement concernées par le seul risque terroriste potentiel, ce qui ne consitue pas une cause suffisante à elle seule, au regard de ce que l'Histoire de ces 20 dernières années a pu démontrer en la matière.

  • Un problème économique insoluble

Par ailleurs, la plupart de ces nations (USA, Royaume-Uni, Italie, Canada, Allemagne, etc...) sont encore déployées en Afghanistan, contrairement à la France !

Même si, potentiellement (à l'exception des "petites nations"), ces nations disposent de moyens et forces pouvant être déployés, un tel déploiement supposerait un coût !

Qu'il s'agisse de l'envoi de troupes au sol, avec tout le support logistique direct et indirect que cela suppose, coûte. De plus, nous le verrons, cette solution n'était pas envisageable d'un point de vue politique.

L'usage de moyens armés aériens coûte cher lui aussi. Chaque bombe larguée ne fait pas qu'un trou dans le sol qu'elle touche, mais aussi dans le budget du pays d'où elle provient.

Hors, la France elle-même, qui a fait "l'économie du théâtre Afghan", s'inquiète du coût de cette opération Serval...

  • "On ne peut pas mourir partout !"

Le "traumatisme Afghan" est très présent au sein des populations de ces différentes nations ; soit parce qu'elles ne sont pas habituées à voir leurs troupes mourir sur des terres lointaines et inconnues (Allemagne, Danemark...), soit parce qu'elles ne sont pas habituées à les voir mourir en si grand nombre (USA, Royaume-Uni...).

Le problème n'est d'ailleurs pas de savoir s'il y a risque ou non d'enlisement comme en Afghanistan : le cas malien n'est pas le cas afghan. Ceci d'autant plus que l'approche de la France, leader de l'opération Serval au Mali, n'a jamais été celle d'un contrôle maintenu dans la durée, mais d'une présence transitoire dans le but d'assurer un relais pérenne.

Il s'agit bien, pour chaque république ou gouvernement parlementaire souverain, de savoir si oui ou non son peuple est à même de comprendre ou accepter les enjeux, avec les éventuelles pertes humaines inhérentes à tout conflit armé ?

A cette question, la réponse est toute trouvée...

La 'Malice' d'un égocentrisme français

Un soutien personnalisé :

Néanmoins, on peut affirmer que l'ensemble de ces nations ont fait preuve d'un effort exceptionnel, choisissant tous de participer, même symboliquement, à l'action Française.

Symboliquement ? Pas vraiment en fait :

Leur effort est d'autant plus méritant que ces nations ont décidées de mettre au service des forces Françaises des moyens qui lui font défaut :

  • Moyens logistiques (on le sait, la France a une carence sévère en la matière)

  • Systèmes de drones (là encore, une force dont on ne connait que trop bien la faiblesse au sein de l'armée Française)

Lorsque l'on repose et repense ce contexte sous son approche globale, en considérent la position de chacun des acteurs, et le regard qu'ils portent à la scène, il apparait comme "évident" que ce soutien européen et américain, au delà de son caractère optionnel, s'avère être un véritable acte de leur part démontrant et affirmant leur plein soutien à l'action conduite par la France.

JM.

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